Ce qu'ils sont mesquins chez Orange/Sosh !!

Ajustements successifs de stratégie marketing ! C'est ce que vient de me dire un jeune clair, direct et qui parle avec son client (bravo ! c'est si rare ailleurs !). Au démarrage de l'offre Sosh, à l'automne dernier, ça tatonnait ! Orange anticipait l'arrivée du concurrent sans foi ni loi. Cet hiver, lorsque Free leur a piqué plein de clients, ils sont devenus plus souples, et semble-t-il ont offert 6 mois de désengagement, du moins d'après ce que j'ai cru saisir. Mais, va comprendre quelque chose aux offres d'Orange ou SFR ! Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Ayant un forfait pro avec un autre mobile, fournis par mon employeur depuis un mois, j'ai essayé de basculer vers Sosh pour mon mobile avec mon numéro perso. “Vous devez attendre le 14/08, date de fin d'engagement, puisque nous avons financé votre mobile”. Bon, d'accord… alors je baisse mon forfait de 62,40€ à 30,50€, hélas avec des prestations très inférieures : 1h de téléphone, au lieu de 3h + 3h, 500 Mo d'internet au lieu de 1Go, déjà atteint en une semaine !

Mails et accès internet bloqués pendant mes courses ce matin, je passe dans une boutique Orange, où on me dit que si je résilie j'aurais seulement 21€ à payer. Alors, je demande le fameux numéro “RIO”, que je reçois par mail, puis je retourne sur le site Sosh et je commence les opérations. Mais, “vous devez demander votre migration”…

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Appel au service client Orange et bis repetita : “Vous devez attendre le 14/08, date de fin d'engagement, puisque nous avons financé votre mobile”. Je demande pourquoi, et voilà l'astuce des grands manitous du marketing : si je résilie, je perds mon numéro !!?? Alors que si j'étais chez SFR ou Bouygues, j'aurai la portabilité du numéro !! Elle est pas belle la logique marketing !!

Comment veulent-ils qu'on garde son calme et qu'on n'ait pas envie d'aller voir chez Free ? Comme d'habitude, mieux vaut être un client venu de la conncurrence qu'un client fidèle au réseau Orange !! La qualité du réseau et l'accessibilité du service client sont évidemment les points forts d'Orange, et le talon d'Achille de Free. Mais l'argument des concurrents de Free au sujet du financement du mobile ne résiste pas à l'analyse. Sauf que plein de clients préfèrent payer plus cher, avec un abonnement qui comprend le téléphone, parce qu'ils ne calculent pas la dépense au final.

Etre ou ne pas être : le dilemme des présentations web

Je ne voudrais pas médire ! Mais… dire que le web est avant tout un media (medium, devrait-on dire) de l'écrit. Or, écrire c'est penser d'abord, articuler son message ensuite, l'exprimer de façon intelligible, laisser reposer un peu pour relire (se relire, faire relire), corriger/améliorer, et publier.

A une époque où tant de personnes se comportent comme des “cliqueurs précoces”, on voit fleurir des perles de toutes sortes ! Sur le site d'une auto-entrepreneuse : vente en be to be, vente en be to see (sic ! To be or not to be ! Ou faut voir, comme dirait l'autre !). Sur le blog d'un auto-entrepreneur qui propose des formations pour gagner de l'argent avec son blog, on voit par exemple : pas de collègues bruyant … la liberté absolu… dans votre cocon bien douillé … des éléments contre-productif … le voisin que vous aimé temps … Votre créativité est limité … 

En regardant de plus près, la première se présente comme ceci : Consultante, coach, formatrice de formateur (N° formateur en cours d’immatriculation) - Immatriculation SIRET (en cours de création). Son site liste beaucoup de titres de formations, souvent sans aucun contenu, alors qu'elle y a peut-être réfléchi, avant de s'inscrire “en trois clics” au régime d'auto-entrepreneur.

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Quant au second, il a lui aussi besoin de “se performer”, comme dit la dame ! Et lui qui est si fier de ses vidéos de formation pour créer sa boutique en ligne, créer sa marque de vêtements, ou apprendre en une semaine à faire son blog, le voilà qui partage spontanément la maigreur des revenus de quelqu'un qui voudrait bloguer comme un pro. 

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Alors, comment se présenter sur la toile ? Il faut faire attention au fond et à la forme ! Avoir quelque chose à dire qui soit plutôt nouveau, original, ou provoquant la réflexion. Et savoir le dire en écrivant pour être lu, compris et suivi. Sinon, mieux vaut attendre, réfléchir, construire… puis tester et se présenter. “La première impression est toujours la bonne, surtout quand elle est mauvaise !” (Henri Jeanson)

Le cri existentiel du "qui sommes nous"

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Cet incontournable de l'auto-promotion — mais si, on peut modifier les titres des menus sur tous les sites web ! — est assez révélateur du discours de la célèbre fable de La Fontaine : "La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf".

Une Grenouille vit un Bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle qui n'était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse s'étend, et s'enfle, et se travaille
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : Regardez bien, ma sœur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
Nenni. M'y voici donc ? Point du tout. M'y voilà ?
Vous n'en approchez point. La chétive Pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.

Pas besoin de traduire en langage actuel ! Un exemple, parmi tant d'autres (les noms, liens et données ont été masquées ou effacées) de grenouille au demeurant plutôt sympathique :

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L'auto-entrepreneuse "s'enfla si bien qu'elle creva" :

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Voir aussi "Le 'qui-sommes-nous' des sites de créateurs".

Les annonceurs récupèrent, sans complexes

Pourquoi donc les annonceurs achètent-ils des espaces publicitaires liés à une émission ou un programme qui dit le contraire ? Simplement, je crois, parce que c'est toujours bon d'avoir une exposition médiatique.

En zappant sur les émissions de la télé de consommation jetable, on voit par exemple "comment perdre du poids", "maigrir à tous prix", "fières d'être rondes", ou des choses du genre, même pas le temps de noter les titres tellement les formats sont … formattés, hachurés, décomposés en bouillie médiatique, avec l'intro de la séquence qui reprendra juste après la pub. Et que voit-on dans la pub qui suit immédiatement ? Des infâmes sodas, des desserts industriels, des gâteaux et autres sucreries grasses, avec bien entendu le sous-titre qui défile en dessous pour alerter qu'il faut faire de l'exercice et éviter de manger sucré et gras. Camés devant leur écran plat, les télé-passifs gobent la pub et mangent deux fois plus après. Cette bouillie médiatique rappelle furieusement les petits pots pour bébés, futurs addicts des saveurs industrielles, ou les barquettes pour matous, futurs clients des vétérinaires, qui leur conseilleront d'autres barquettes plus chères recommandées par les commerciaux d'autres industriels.

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Même chose à propos des pubs pour les voitures qui peuvent aller à deux fois la vitesse limitée sur autoroute, placées juste après un documentaire sur les accidents de la route. Je suis tombé sur un article récent qui parle d'un livre sorti il y a 4 ans : 150 petites expériences de psychologie des medias, pour comprendre comment on vous manipule. Quand on lit le large extait à propos de la pub pour une grossse berline suivant le documentaire sur la sécurité routière, aérienne ou autre, on comprend bien la technique de l'amorçage coginitif combiné au principe de la pile de papier (ou de la mémoire récente). En résumé, le téléspectateur est marqué par les images parfois violentes d'accidents, il est fortement préoccupé par la sécurité, on lui passe une pub de grosse berline sécurisante, qui consomme beaucoup de carburant, mais on n'en parle pas et on s'assure qu'il n'y aura pas ensuite un sujet sur le prix du pétrole. Au final, selon la statégie de la pile de papier, il retiendra le seul message positif : cette voiture me protège.

Quelle est la morale, si on voulait refaire le coup de la fable de La Fontaine ? Arrosez, arrosez, il en restera toujours quelque chose ! Le bruit médiatique cache la forêt de la dégénérescence et de la distortion des faits  ! Pour l'industrie automobile, on continue de voir ces gros 4x4 avec ces mères qui déposent leurs enfants à l'école. On croit que les pickups offrent davantage de sécurité en cas d'accident, alors qu'ils sont comme les cabines des camions : de véritables guillotines ! On garde encore l'image de Fiat marque naguère réputée peu fiable, alors que plusieurs modèles, dont le pot de yaourt (je veux dire la Fiat 500), obtiennent 5 étoiles au classement européen ?

Pour ce qui est des pubs pour des produits à très faible valeur diététique mais à forte valeur ajoutée pour l'industrie et la distribution, le bilan est vraiment navrant ! On nourrit les enfants à la dépendance à des saveurs industrielles dont ils auront du mal à se passer. On perpétue des pratiques non durables (transformation de produits intermédiaires dans des lieux différents, transports routiers importants, etc.). On engraisse les grands poètes de la distribution. On développe les jobs mal payés ou précaires. On engraisse les consommateurs qui ont la flemme de se faire à manger avec des produits proches peu ou pas transformés. On surfe sur l'illusion que ces produits ne sont pas chers, et plus on est pauvre plus on en consomme, et plus on en consomme plus on est pauvre, … Perte sèche énorme pour la collectivité : pour l'écologie, pour la santé, pour notre argent, pour le trou de la sécu !

La “nomophobie” : encore un néologisme repris par les journalistes

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Dans un billet de son blog “La « nomophobie » ou l’angoisse d’être privé de son téléphone portable”, Claire Jeannot reprend l'information diffusée par l'AFP. Et on a vu fleurir les articles avec le même mot ces derniers jours.

Jacky Degueldre, dans son billet "Nomophobe": qui a peur de perdre son portable? Ou d'être accro? fustige l'emploi malheureux de ce vilain petit canard qu'est le néologisme "nomophobie". Doublé d'un anglicisme qui va évidemment se répandre très vite en français.

Et d'ajouter que le terme réfère à la crainte, voire la fuite de quelque chose. Mais n'induit absolument aucun rapport avec la privation ou la relation à la technicité.

Même Wikipedia, dont la qualité des définitions égale la qualité des contributeurs qui veulent bien … contribuer, nous rappelle que : la phobie se caractérise par une peur irrationnelle et majeure en présence du stimulus phobogène, pouvant évoluer vers une attaque de panique si l'évitement n'est pas possible.

Bravo pour l'humour de ce journaliste belge, qui se présente comme un “nomade de la communication” ! Comme quoi, la culture du latin-grec était quand-même utile !! En effet, l'expression anglaise est elle-même sujette à caution, car ce dont on parle ce n'est pas d'une phobie, mais d'une dépendance, d'un drogue douce à nos mobiles et autres objets connectés en permanence. "Mobilodépendance", aurait-on pu dire ! J'ai d'ailleurs vu le mot "mobilodépendant" ici ou là…

Quant à moi, je ne trouve pas si drôle que ça d'être inondé par ces fausses traductions faites par des gens qui écorchent le peu qui reste de notre langue ! 

Voir un de mes billets “coup de gueule” sur un autre blog : "Comment adresser la problématique avec le savoir-être du facilitateur"

 

Le coworking se laissera-t-il récupérer par ceux qui surfent sur le mot ?

Trois articles, parus ces dernières semaines dans Les Echos, reviennent sur ce phénomène du début du 21ème siècle.

Un simple bureau low-cost ? Une façon de travailler à distance ou dans des tiers lieux, comparable aux télécentres ? Ou encore de nouvelles valeurs du travail dans des centres d'affaires classiques ? Le coworking, choix d’avenir ou plan B, comme le dit l'excellent article “Génération free-lance” dans Le Nouvel Economiste ?

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Actuellement, les modèles divergent, et sont en croissance rapide avec une variété des approches : sur le plan économique, des valeurs et des usages … à l'usage ! Certains essayent de récupérer le phénomène pour changer la destination d'un lieu existant ou qu'ils ont acquis/loué pour la circonstance. D'autres cherchent à communiquer pour récupérer des clients qui partent et des nouveaux qui seraient intéressés par la marque “coworking” qui a le vent en poupe.

C'est le cas du patron de Regus, célèbre réseau de centres d'affaires haut de gamme, dans les quartiers du même nom. Dans son article “Le coworking : pratiques diverses, mais valeurs identiques”, ce Monsieur — qui a tout compris — déclare : “qu'est-ce qu'un "co-worker" sinon un collègue ou un camarade de bureau ?”. Ensuite, il nous explique les changements dans le travail, devenu assez solitaire avec les nouvelles technologies, d'où le besoin de recréer du lien. Il cite également les fondamentaux communs aux vraies initiatives de coworking, à savoir “les valeurs de communauté, d’ouverture, de collaboration de durabilité et d’accessibilité”.

Je crois qu'en effet, en visitant divers espaces qui arborent le nom de coworking, le commentaire apporté à son article a raison de contester le titre, en affirmant au contraire que plus souvent “les pratiques sont identiques mais les valeurs divergent”. Sur le plan économique, le patron de Regus a l'élégance de ne pas conclure par une publicité directe pour ses centres d'affaires. Mais, là aussi, il est à contre-sens, comme le sont tous les promoteurs de tiers lieux avec un positionnement prix dans la même fourchette que les centres d'affaires et autres loueurs de salles de réunion.

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NB : les deux illustrations sont extraites du document d'évaluation de La Cantine, un Tiers-lieu pas comme les autres, publié début 2010.

Quand est-ce qu'on travaille ? Quand est-ce qu'on se détend ?

Tel est le dilemne des nomades ultra-connectés. “Quand est-ce qu'on travaille ?”, c'était la remarque de ma voisine, assistant à la conférence annuelle de l'AEC intitulée Les signaux numériques 2012. “Quand est-ce qu'on se détend ?”, c'était la remarque d'un collègue, lors du cocktail à l'issue de la conférence.

Parmi les grandes tendances illustrées par Antoine Chotard, la mobilité augmente très fortement, grâce aux outils mobiles, sauf que cette capacité de connexion sans ordinateur, sans fil à la patte, se fait aussi beaucoup chez soi, par exemple le soir devant la télé, avec une tablette.

Les salariés ont tendance à utiliser leurs propres appareils mobiles dans l'entreprise, car ils ont goûté à la simplicité et à l'efficacité techniques : Bring Your Own Device, comme on dit ! Amenons notre propre équipement ! Ce qui n'est pas sans poser des problèmes aux DSI… Evidemment, dans l'autre sens, les salariés continuent d'être connectés en rentrant chez eux, d'où le stress quasi permanent.

Antoine Chotard a également noté la porosité entre le travail et le jeu, entre la formation et le jeu, avec les succès relatifs des “serious games” (jeux sérieux). Avec la multiplication des applications, on a toute sa vie au bout de sa main, pour bientôt payer ses achats, pour réserver, comparer les prix, etc. Et de finir sur une extension imaginative du SoLoMo, devenant ApSoLoMo : Applications, Social, Local, Mobile. Ap…solument ! 

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Free Mobile : faire l'économie de l'exigence peut nuire gravement !

Même s'il est vrai qu'il était grand temps de mettre fin aux ententes licites ou réelles entre les 3 opérateurs de mobile (on avait cru que Bouygues Telecom allait continuer de le faire, après des débuts prometteurs), la révolution mobile risque de décevoir les consommateurs encore une fois, et pas pour les mêmes raisons.

Cette fois-ci, la qualité du produit n'est peut-être pas au rendez-vous (contrairement à la FreeBox à l'époque). Cette fois-ci, Free ne peut pas se plaindre de blocages de l'opérateur historique pour l'accès au dégroupage total, comme c'est encore le cas actuellement. J'en sais quelque chose, puisque j'ai commandé la FreeBox Révolution depuis un mois et que Free attend l'ouverture d'un branchement dans le répartiteur, car il y a trop de demandes, me dit-on !!

Le réseau mobile de Free c'est le réseau Orange très majoritairement et je crains que le réseau Free mette pas mal de temps à monter en puissance. Free a choisi le meilleur réseau en couverture. J'étais très satisfait du réseau Bouygues avec sa technologie 1800 Mhz de meilleure qualité, mais l'iPhone arrivant uniquement chez Orange, je suis passé sur le meilleur réseau en couverture, mais moins bon en qualité. 

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Si Xavier Niel a dit merci à Stéphane Richard pour l'accord de location de son réseau, les clients Orange peuvent dire merci à Free d'avoir forcé Orange a faire baisser les offres Sosh et à permettre enfin aux clients Orange de migrer vers Sosh, sans condition, alors que seuls les clients de concurrents pouvaient le faire il y a quelques semaines. Comme le service client de Free restera encore longtemps (ou toujours, des personnes qui en viennent me l'ont confirmé) la dernière des priorités de Free, comme il vaut mieux ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, je vais passer d'Orange à Sosh, même si c'est un choix de raison, pas forcément un choix de cœur…

Voir aussi un article à propos du marketing de Xavier Niel, trop vite comparé à celui de Steve Jobs, et le parallèle avec le “loupé magistral” de Google+, la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que Facebook.